Le Réseau
Naissance du réseau
Le 27 novembre 2005 et le 9 décembre 2006, deux séminaires pour :
- Echanger et partager des constats sur des difficultés à aborder la question du VIH/sida au sein des associations communautaires de personnes originaires d'Afrique subsaharienne et des Caraïbes.
- Evaluer nos besoins pour lever les obstacles qui empêchent toute mobilisation et construire ensemble des réponses adaptées aux besoins des personnes immigrantes/étrangères.
- Donner une suite concrète aux constats posés lors du premier séminaire inter-associatif organisé en marche des Etats Généraux Migrants de LYON en novembre 2006.
- Poser les fondations de ce qui pourrait être un réseau de soutien et d'échanges pour les associations et les personnes immigrantes et/ou étrangères vivant avec le VIH/sida et les hépatites en France héxagonale et dans les départements français d'Amérique.
Le 18 juin 2007 : réunion constitutive marquant la création officielle du réseau "RAAC-sida".
Des constats partagés
La création de ce réseau s’appuie sur l’engagement, parfois depuis de nombreuses années, mais souvent peu visible ou peu reconnu , de nombreuses associations issues des communautés de personnes originaires d’Afrique sub-saharienne ou des Caraïbes dans la lutte contre le VIH/Sida auprès des communautés noires vivant en France.
Par deux fois, en novembre 2005 (Etats Généraux des personnes migrantes infectées par le VIH1 à Lyon) et en décembre 2006 (Séminaire inter-associatif – Paris), ces acteurs associatifs et AIDES se sont réunis. Au regard de nos expériences et des données scientifiques disponibles nous avons partagés nos constats :
- Une épidémie due à l’infection par le VIH/Sida est installée en France dans les communautés africaines et caribéennes et que cette épidémie présente des caractères particuliers liés aux populations qui sont touchées, à savoir :
- une épidémie dont la transmission très majoritairement hétérosexuelle atteint actuellement préférentiellement des personnes originaire d’Afrique subsaharienne, des Antilles et de Guyane,
- une épidémie qui touche des femmes et des hommes qui, en raison de leur peau noire, sont déjà l’objet de discriminations,
- une épidémie qui affecte, pour partie, des personnes qui, du fait d’un statut d’immigrant/étranger sur le sol français, ont un statut juridique précaire et des difficultés d’accès aux soins et aux droits,
- une épidémie qui, dans les communautés africaines et caribéennes (comme dans d’autres parties de la population française), désorganise et fragilise les ressources et les réseaux de soutien aux personnes malades car elle stigmatise et suscite les discriminations,
- une épidémie qui, suivant la répartition géographique des populations, touchent fortement la région francilienne mais s’est étendue à tout le territoire métropolitain et aux départements français d’Amérique.
- L’infection par le Vih/Sida fracasse les parcours de vie des personnes infectées et de leur famille. L’accès à un soin médical performant ignore la vie quotidienne d’hommes et de femmes qui survivent à la recherche d’un toit, de travail ou de ressources minimales pour se nourrir et qui se retrouvent, pour un grand nombre, enfermée dans un exil thérapeutique loin de leur enfants et de leur proche. Nous constatons de plus des difficultés croissantes et inégalement réparties sur le territoire français pour accéder à des titres de séjour permettant aux personnes malades de s’engager sereinement dans un difficile parcours de soins.
- Un besoin de paroles et d’informations dans les communautés sur la réalité de l’épidémie pour sensibiliser aux nécessité de la prévention mais aussi pour lutter contre les stigmatisations et les discriminations. Cette parole pour être efficace doit être portée au plus près de la vie dans les communautés par des personnes formées et reconnues dans leurs communautés pour leurs compétences. Elle doit pouvoir s’appuyer sur les témoignages de nombreux militants sur leur vécu de l’infection par le VIH/Sida et sur les difficultés supplémentaires supportées en tant que femme ou en tant qu’homosexuel(le).
Face à ces constats, depuis plus de dix ans, des individus et des associations se mobilisent, seules ou en partenariat pour faire répondre aux besoins spécifiques des personnes africaines et caribéennes face au VIH/Sida. Ces réponses, en proximité des populations visées (marché, boites de nuit, lieux de commerce, fêtes communautaires), restent souvent trop isolées, difficile à mettre en oeuvre et peinent à recevoir un soutien efficace des communautés et des pouvoirs publics.
Il est devenait de plus en plus urgent qu’ensemble nous puissions faciliter, démultiplier et rendre visible des actions dans tous les lieux et dans toutes les communautés où elles sont nécessaires.
Mis à jour (Lundi, 14 Septembre 2009 15:21)


